La présence des anges a été longtemps refoulée, tout comme l’art religieux en général, pour faire retour quand une artiste de Milan a essayé de capter leur présence le soir, à l’heure entre chien et loup. Depuis lors, ils ont réintégré le domaine des arts plastiques.
Evangile Papavassiliou a toujours été sensible à leur présence et leur présence irradie nombre de ses papiers et de ses toiles. Ces êtres bienveillants dont on nous disait dans l’enfance qu’ils veillent sur nous, ont ici figure très humaine. Dans des coloris sonores mais jamais criards, ils manifestent leur présence dans une sorte de non-environnement. Ni intérieur, ni paysage ne sont là pour situer ces corps flottants et ces visages paisibles dont la présence, non précisée, a quelque chose de rassurant.
Ils semblent être là pour nous rappeler que l’enfer n’est pas forcément « les autres » mais l’abandon des autres. Il y a derrière ces toiles habitées, un appel, un message. Quelque chose dans ces dessins ou ces tableaux parle au visiteur et l’invite à se pencher sur le sens de la vie entre passé et présent proche ou lointain. Les choses essentielles surgissent de cette démarche plastique hors mode et dont les « marchands » prudents ne veulent pas.
A l’heure de toutes les solitudes et de la déchirure du monde entre riches et pauvres (d’argent comme de spiritualité), le message d’Evangile Papavassiliou n’affiche pas de signe de révolte. Il propose avec ses moyens propres que sont la peinture, la gravure, le dessin à l’encre ou au crayon, la sculpture ou la lithographie, tout ce que ressent un artiste. Il exprime, sans éclat ses pensées d’homme.pour qui la dignité humaine n’est pas un vain mot. Evangile Papavassiliou préfère la compagnie des anges, et tant pis pour la course au profit, il la laisse aux autres.
Anita NARDON
A.I.C.A. ( 2005)
AICA = association internationale des critiques d'art